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Pour les puristes du tricot (aussi appelé "escrime au fleuret"), voici quelques lignes écrites de la main du (très) grand Maître Raoul Cléry il y a quelques décénies, que j'ai redécouvertes cette semaine, et qui n'ont pas pris une ride :

 

L'ESCRIME AU FLEURET ET SES PROBLÈMES
 
L'escrime de pointe a une longue histoire qu'il serait trop long de rapporter ici. Je n'en citerai, de temps en temps, que quelques faits, lorsqu'ils seront susceptibles d'éclairer le sujet qui nous préoccupe.
 
D'ou vient le fleuret ? Nous savons qu'il a été inventé, un peu accidentellement dans le cours du 17ème siècle, en France et en Italie, pour faciliter l'entraînement au combat réel. Pendant deux cents ans, jusqu'à l'invention du masque, le fleuret n'a pas été autre chose que le simulacre de l'épée, ainsi qu'on peut le constater a travers les ouvrages parus pendant les 17ème et 18ème siècles. Avant l'invention du masque, qui apparut pendant la période révolutionnaire française, la leçon d'armes avait un caractère rudimentaire, L'assaut d'entraînement, tel que nous le concevons aujourd'hui, était pour ainsi dire impossible.
 
À la réflexion, on peut penser que le fleuret, arme imaginaire, eut dû s'effacer, voire même disparaître, dès que, grâce à lui, toutes les possibilités techniques et tactiques de l'escrime furent découvertes, dès que l'équipement et les moyens de pratiquer l'épée de combat sans danger furent mis au point.
 
Mais, en avançant dans la connaissance de l'escrime par le fleuret, on découvrit une autre escrime, plus rapide, plus fine, plus animée, en un mot plus spectaculaire que celle pratiquée à l'aide d'une arme plus lourde comme l'épée. II devint évident que c'est l'arme qui fait l'escrime. Deux instruments différents de poids et de structures conduisent à des techniques d'emplois également différentes.
 
 
L'arme du virtuose
Pendant tout le 19ème siècle, période pendant laquelle l'escrime moderne se dégagea de l'ancienne escrime, l'escrime à l'épée est négligée. Peu pratiquée en salle, elle ne sert qu'à régler les conflits d'ordre individuel. Par contre, l'escrime au fleuret prend un développement extraordinaire, plus particulièrement dans les pays latins, grâce à la beauté et à la maîtrise des gestes qu'elle permet, à la difficulté des combinaisons et des enchaînements brillants auxquels elle peut atteindre. Malgré que nombre de ces actions ne soient pas praticables telles quelles, ou seraient probablement dangereuses sur le terrain.
 
Finalement, lorsqu'arrivera la période (fin 19ème et début 20èmesiècles ) qui vit la rénovation des Jeux Olympiques, ce qui devait progressivement entraîner une organisation universelle et officielle dans tous les sports, l'escrime au fleuret avait imposé son existence, et les promoteurs de l'escrime modernes durent admettre, au même titre, les deux armes de pointe.
 
Lors de la mutation de l'escrime de combat en escrime sportive, les responsables internationaux n'eurent guère de difficultés pour mettre au point les compétitions à l'épée. Celles ci devaient offrir le reflet fidèle du combat singulier : arme lourde, lame rigide, large coquille, piste longitudinale de 30  mètres sur 3 mètres, combats en une seule touche, surface valable comprenant le corps entier, règles de combat analogues à celles du duel.
 
Par contre, les règles des compétitions de fleuret furent plus délicates à établir, en raison des points de vue des écoles française et italienne qu'il fallut d'abord concilier.
Le souci majeur, peut-être essentiel, des dirigeants d'origine fut sûrement d'établir une différence, un contraste entre les deux armes de pointe, ne serait-ce que pour justifier leur double existence.
 
À l'arme du combattant pourvue d'une coquille-bouclier obligeant à un style sobre, calme, en ligne, on opposa l'arme du virtuose, instrument fictif, léger, à petite garde, à lame flexible, au jeu élégant un peu arbitraire, mais de qualité technique élevée. À cette dernière discipline, les compétitions se disputaient en salle, sur des pistes courtes de 10/12 mètres maximum : la surface valable du tireur se limitait au tronc, devant et derrière ; les assauts se disputèrent en 3, puis 5 touches pendant une durée qui s'échelonnait entre 10 minutes, dans les poules, à 40 minutes pour certains matches importants. Enfin, les règles du combat comportaient de nombreuses conventions, comme si les novateurs de ce jeu avaient tenu à en faire un spectacle d'actions d'escrime sélectionnées pouvant parfois s'élever à la hauteur d'un art.
 
C'est du moins l'impression qu'on éprouve lorsqu'on analyse soigneusement les règles qui président au combat de fleuret. Néanmoins, le premier des fondamentaux de cette escrime imaginaire, comme de toutes les escrimes, resta le même : toucher l'adversaire, mais d'abord, ne pas être touché. Dès les premières grandes rencontres de fleuret, on s'aperçut que s'il est relativement facile d'établir les règles d'un jeu sur le papier, autre chose est d'en faire respecter l'esprit sur la piste.
 
Le problème le plus délicat, le plus sujet à contestation, auquel eurent à faire face, tout d'abord , nos prédécesseurs, fut celui de la matérialisation de la touche.. II est réglé depuis longtemps par la signalisation électrique qui indique avec certitude toutes les touches qui arrivent sur le tireur ( va1ab1es ou non valables ) même sur des zones que le Président ne peut voir. Ainsi, en ce qui concerne l'arbitrage, le Directeur de combat a-t-il l'esprit complètement libre du souci que constituait auparavant cette matérialité de la touche.
 
De plus, cette invention a fortement contribué à tranquilliser les tireurs eux-mêmes qui n'ont plus, comme jadis, la hantise de voir les coups qu'ils donnent passer inaperçus.
Cependant, pour important qu'il soit, le problème de la matérialité n'est pas le seul qui se pose à l'arbitre à l'arme conventionnelle. Le fleuret est aussi soumis à des règles techniques qui définissent, en cas de coup double, la priorité d'un coup sur un autre et également à des règles morales qui concernent l'attitude, la manière de combattre, le respect de l'esprit qui doit animer le jeu du fleuret. Si les premières (les règles techniques) peuvent être assez facilement enfermées dans des textes, les secondes (les règles morales), ont parfois un caractère tellement subjectif que dans l'incertitude où ils se trouvent parfois, les présidents de jurys peuvent difficilement faire preuve à leur égard de l'énergie, de la sévérité souhaitables.
 
II faut rappeler aussi que certains de nos soucis actuels, à caractère aigu, ne sont pas nouveaux. Certaines citations relevées dans la revue "L'Escrime Française" de 1901 signalaient déjà que certains fervents de la lame quadrangulaire n'hésitent pas à parer les coups avec leurs bras, leur tête, ou par des contorsions manquant totalement d'esthétisme.. . On a même pensé, à cette époque là, que la compétition, la lutte acharnée ne convenait pas à l'arme classique. Et on a mis en cause : le fait de compter les touches, le trop d'ardeur de la lutte, la recherche de la victoire à tout prix. On a même objecté que « pour rester un art, le fleuret demande plutôt l'entente de deux joueurs assortis que le choix de deux adversaires ». Si bien que le dicton « Pour faire un bon assaut d'escrime, il faut être deux, mais pour en faire un mauvais, un seul suffit » : ce dicton court encore le long des pistes de nos jours.
 
Comme une joute oratoire
Pourtant, l'histoire de l'escrime sportive est jalonnée d'exemples de rencontres importantes, chaudement disputées, au cours desquelles la qualité technique atteignit le plus haut niveau. L'âpreté du combat ne parait donc pas être la raison essentielle du déclin technique du fleuret d'aujourd'hui. Enfin, si le fleuret a posé, et pose encore des problèmes aux dirigeants et aux arbitres, il semble que l'épée n'en pose guère. Est-ce parce que l'épée est une arme et le fleuret un jeu ? À l'épée, dans la limite de règles relativement simples, toutes les touches qui servent à atteindre l'adversaire sont admissibles, si aucune brutalité ne les accompagne.
 
 
Malgré cette liberté dans le combat, on peut constater que l'épée d'aujourd'hui a réalise des progrès de tenue, de technique et de tactique considérables dans tous les pays. On en est parvenu à cette arme à ce que rêvaient et souhaitaient certainement les promoteurs de l'épée, au début du siècle. L'épéiste moderne connaît à fond toute l'escrime : il est capable de faire face à toutes les situations qui peuvent se présenter au cours du combat, sans avoir besoin de recourir à des procèdes discutables.
 
Les règles du fleuret sportif qui datent du début du siècle, n'ont pratiquement pas été modifies depuis sa création, si l'on excepte le fait que l'arme a été électrifiée, et que l'arbitrage est soumis à la signalisation électrique.
 
Le caractère essentiel, la trame – si je puis m'exprimer ainsi – du jeu du fleuret est inscrit dans les textes: il revêt la forme d'un dialogue, à base de questions et de réponses.
On a donné à ces échanges le nom de " phrases d'armes ", ce qui définit très exactement l'esprit de ce jeu. C'est une sorte de conversation courtoise avec des armes, non une discussion de braillards. C'est, dans l'esprit, comparable à une joute oratoire ou chacun parle correctement, et à son tour, en essayant de dominer son opposant – non pas en lui coupant la parole ou en l'empêchant de s'exprimer – mais à l'aide d'une argumentation supérieure. Ce qui n'exclut pas du tout que la lutte puisse être vive, voire chaude. C'est sur ce point que dans les discussions aujourd'hui, on ne se comprend pas toujours.
 
Au fleuret, les antagonistes prennent l'engagement tacite de se battre en respectant les règles, de n'utiliser que des procédés de combat réguliers et corrects. Pas plus qu'il n'est admis sur un terrain de football, de rugby ou de basket, d'arriver avec une matraque pour dégager le terrain devant soi, il n'est pas tolérable non plus, au fleuret, de foncer la tête la première sur son adversaire pour allumer la lampe avant lui, de se coller contre lui comme une sangsue pour l'empêcher de riposter, enfin de se tortiller comme un ver pour faire passer les bras, la tête, voire la cuisse devant le corps, afin que l'attaque ( ou la riposte ) n'arrive pas sur une surface valable. Peut-être ai-je poussé volontairement mes images ou noirci le tableau. II n'en reste pas moins que certaines pratiques frauduleuses tendent à devenir d'usage courant. Elles risquent de porter une grave atteinte à l'esprit et à la technique du fleuret tels qu'ils ont été conçus, si nous n'arrivons pas à en juguler l'extension.
 
Ce qui doit compter avant tout, dans tous les jeux, c'est l'esprit qui les anime. II fait le plaisir de ceux qui y jouent, l'attrait de ceux qui les regardent. II doit être impérativement respecté de ceux qui y participent et préservé par ceux qui en sont responsables.
 
On comprend parfaitement que certains escrimeurs au sang chaud se sentent gênées dans les entournures, au fleuret, dont ils considèrent les règles comme un véritable carcan, parce que leur envie de toucher à tout prix et n'importe comment, domine leur esprit et leurs réflexes. À ceux-là, l'épée, arme libre, très personnalisée dans son expression, aux conventions de combat très réduites, parait être l'arme qui convient. On peut, à l'épée, attaquer le bras raccourci, se cacher, se coucher, mettre la main non armée n'importe ou, aucun adversaire de ce genre de tireur n'y verra le moindre inconvénient, Au contraire, je suis sûr qu'il se réjouira.
 
L'offensive a pris le pas.
L'escrime de pointe est une discipline qui pressente deux aspects, deux visages différents : un libre, celui de l'épée, l'autre, imposé par de nombreuses règles, le fleuret. D'autre sports pressentent les mêmes particularités : la lutte, le judo, le patinage, même le billard. Il faut s'en féliciter, chacun peut trouver ainsi exactement ce qu'il cherche. Mais ceci conditionne un choix qui doit être fait par les tireurs et les dirigeants. Les tireurs doivent se diriger vers l'arme qui convient le mieux à leurs qualités, à leur tempérament. Les dirigeants ont la mission de veiller à ce que les principes, 1'essence même des différentes armes soient défendus afin qu'ils ne disparaissent pas. Si, par laxisme, par négligence, il devenait impossible de conserver leur identité aux armes conventionnelles, alors inéluctablement, nous arriverions tôt ou tard à l'arme unique. Est-ce vraiment souhaitable ?
 
On déplore, dans le monde de l'escrime, l'évolution que subit l'arme classique depuis une vingtaine d'années. Elle semble l'entraîner vers un caractère d'escrime de "choc". II est certain que le fleuret a change d'aspect depuis la mise en application de la signalisation électrique. Mais celle-ci en est-elle responsable ? L'appareil remplit parfaitement son rôle qui est d'indiquer la matérialise de la touche : il ne peut aller au delà. Avant la signalisation électrique, les assesseurs pouvaient expliciter leur avis sur la matérialité, signaler au Président certaines irrégularités que celui-ci ne pouvait voir. Et, peut-être est-ce le plus important, la présence des assesseurs par elle-même exerçant un effet dissuasif sur les tireurs qui se sentaient surveillés d'assez près.
 
Aujourd'hui – à l'exception des épreuves de très haut niveau, ou le directeur de combat peut faire appel à des juges de main – celui ci est seul, en particulier dans les compétitions de jeunes. II ne faut donc pas s'étonner outre mesure si ceux-ci prennent de mauvaises habitudes. Je reviendrai plus loin sur ce point.
 
Les caractères de l'évolution qu'on constate dans les combats d'escrime au fleuret au plus haut niveau, se traduisent par :
  • une recherche de la mobilité.
  • une vitesse d'exécution des actions d'escrime plus élevée qu'auparavant.
  • une faiblesse ou un manque de confiance dans la technique manuelle.
  • une disparition progressive de la phrase d'armes prolongée (contre-ripostre).
  • trop de corps-à-corps, parfois à la limite de la violence.
  • une désaffection pour la défensive de base traditionnelle (la parade), et son remplacement par des expédients, des contorsions tendant à faire passer les coups adverses ou à les détourner vers des zones non valables.
Sur le plan tactique, on constate que l'offensive a pris nettement le pas sur la
défensive, même si cela n'atteint pas encore le degré de déséquilibre signalé au sabre. L'offensive actuelle se compose surtout d'actions simples, souvent insuffisamment préparées, exécutées d'une manière précipité, pas toujours très orthodoxe. On s'efforce de toucher à tous prix, sans attendre, ou sans rechercher le moment favorable, le "temps".
 
L'escrime de feintes, base de la tactique, tend à disparaître en raison de la trop grande distance qui sépare les tireurs, et du fait que les procédés utilisés font davantage appel au travail des jambes qu'à celui de la main.
 
En somme, il ne s'agit plus de dialoguer en finesse, mais, au contraire, d'interdire à l'interlocuteur de développer ses arguments. C'est évidemment une autre forme d'escrime qu'auparavant, moins nuancée, beaucoup plus physique.
 
La course, en avant et en arrière, devient un des traits dominants du fleuret comme du sabre. La phase de "combat rapproché" qui donnait lieu jadis à de magnifiques échanges de ripostes et contre ripostes, est devenue rare. Les coups partent de loin – souvent même de trop loin – ce qui ne permet pas de les préparer soigneusement : le déséquilibre qui s'ensuit provoque inévitablement le corps à corps.
 
On peut résumer en disant que le fleuret perd, peu a peu, son caractère classique, sa beauté de gestes, et le côté spectaculaire qu'on lui reconnaissait dans la passe. Constructive par définition, l'escrime conventionnelle évolue maintenant vers une conception destructive. Cette situation mérite qu'on y réfléchisse.
 
L'instinct de conservation.
Avant de passer en revue les actions de combat qui sont probablement les causes du déclin technique du fleuret, peut-être devons-nous nous poser la question de savoir :
  • si le jeu du fleuret n'est pas exagérément artificiel ?
  • si ses conventions ne sont pas une vue de l'esprit ?
  • si ses règles ne sont pas illogiques et inapplicables dans la réalité et dans la passion du combat sportif ?
II est assez facile de réfuter ces assertions.
Tout d'abord, nous avons assiste à toutes les époques (et c'est encore le cas aujourd'hui, heureusement) à des rencontres disputées avec acharnement tout en atteignant un niveau technique élevé. Pour cela, il faut que les antagonistes acceptent de jouer le jeu, de jouer au même jeu.
 
En ce qui concerne les conventions, elles sont fondées sur une réalité intangible, irréfutable, qui est l'instinct de conservation de l'individu. c'est à dire ce qu'un homme ose – ou n'ose pas – peut ou ne peut pas – faire sur le terrain, avec des armes véritables, lorsqu'il risque sa vie.
L'orthodoxie de la technique, telle qu'elle se dégage des règles – et quoique le règlement ne soit peut-être pas suffisamment clair et précis sur ce point – relève d'une vérité fondamentale en escrime, comme en boxe : l'allongement du bras est la marque de l'action offensive.
Ce ne sont pas les jambes qui donnent le coup (même si elles l'accompagnent), mais le bras qui dirige la pointe ou le poing sur la cible. Sur le plan de l'arbitrage, on doit considérer qu'un coup est porté que lorsqu'il est parti, que lorsque le bras s'allonge.
 
Aucun épéiste n'attaque le bras raccourci, cela présenterait trop de risques. Dans un combat réel à pointes nues, l'attaque le bras court et la poitrine offerte relèverait d'une tendance au suicide.
 
Non au bras raccourci...
Nous devons condamner – sur le plan de la priorité de l'arbitrage – la manière actuelle de certains tireurs – manière qui tend a se généraliser – qui consiste à développer les jambes d'abord, puis à n'allonger le bras qu au tout dernier moment, lorsque le pied avant se pose sur le sol. Ce procédé est un truquage utilisé pour rendre la parade plus difficile, voire impossible (car il n'est pas possible de parer une attaque tant qu'elle n'est pas portée). II est en outre illogique dans l'esprit des conventions : sa technique suicidaire dans un combat réel, trouble parfois les arbitres dans l'analyse de la phrase d'armes. Il parait important que le règlement prenne une position nette sur ce point (ainsi qu'il en a été fait au sabre) et que l'arbitre en tienne compte si une action subséquente de l'adversaire se déclenche à ce moment là.
 
J'ai insisté sur ce point – et je vous prie de m'en excuser – parce qu'il concerne l'action initiale de l'escrime, celle par laquelle toute phrase d'arme commence. Si celle-ci est mal exécutée – si elle est "pourrie", pour employer un terme trivial – toutes les actions qui suivront en souffriront et deviendront impossibles à analyser. II est rare qu'un arbitre soit en difficulté lorsque les actions d'escrime sont claires et nettes, même si elles sont extrêmement rapides. Par contre, en cas d'actions confuses, mal exécutes, il est normal que les avis soient partagés, Mais est-ce l'arbitrage qui est en cause, ou les deux exécutants ?
 
L'attaque bras raccourci est sûrement une des causes principales de la disparition de la phrase d'armes, des ripostes et contre ripostes. Enfin, il ne faut pas se dissimuler non plus qu'aucun progrès ne pourra être noté dans ce domaine, si les pédagogues du fleuret n'accordent pas leurs violons. S'ils n'attirent pas l'attention de leurs élèves sur ce point essentiel, s'ils n'exigent pas dans leurs leçons, une exécution orthodoxe des actions de base du fleuret.
 
Ce n'est pas de la course à pied....
L'escrime ne peut pas être de la course à pied, car ce n'est pas avec les jambes qu'on touche * l'adversaire, mais avec la pointe qui anime la pointe.
II est possible dans une certaine mesure que l'allongement de la piste de fleuret ait contribué à une évolution qui favorise les jambes au détriment de la main.
 
Les champions actuels donnent une priorité au travail des jambes sur celui de la main. Mais leur jeu de jambes est si étendu, parfois si exagère, qu'il ne maintient plus le tireur dans sa mesure idéale qui lui permettrait, tout en évitant le coup adverse, de garder la possibilité d'attaquer l'adversaire sur ses mouvements (marche, préparation). En outre, ces reculs excessifs, (rompre de 2 mètresquand 20cms suffiraient est une erreur grossière) entraînent une contrepartie obligée dans les attaques échevelées poursuivies et confuses vers une cible qui se dérobe sans cesse. II semble qu'on soit tombé d'un excès dans un autre : on confond vitesse et précipitation. Le jeu de jambes le plus efficace n'est pas toujours celui qui fait le plus d'effet.

* Note du Maître Gouhier : a tout ceci je n'ai rien à redire, sauf en ce qui concerne ce dernier paragraphe; et encore uniquement sur les mots. A titre personnel, j'affirme que l'on touche avec les jambes, parce qu'une fois le bras allongé avec la pointe en ligne, c'est bien avec les jambes que l'on va porter la touche. Mais encore une fois je le répète : UNE FOIS LE BRAS ALLONGE ET LA POINTE EN LIGNE !

 

Le FIGARO du 02/03/1911 raconte ce drame survenu au fils du Maître de Gaudin : "UN PROFESSEUR D'ESCRIME TUÉ DANS UN ASSAUT (Figaro du 02/03/1911)


Nantes. Ce matin, à la salle du cercle de l'Epée, rue Dugomier a eu lieu un assaut qui a en une issue mortelle. Un amateur M. Fabriès tirait avec un des maîtres de la salle. M. Paul Carrichon, lorsque dans une attaque, il atteignit le professeur au biceps. Au même instant la lame de son épée se brisait à dix centimètres du bouton et le tronçon s'enfonçait dans la poitrine de M. Carrichon de vingt et un centimètres. « Ça y est » gémit le malheureux qui s'affaissa.
M. Fabrîès, aidé d'un ami du professeur, étendit M. Carrichon sur un divan, et l'on s'empressa autour de lui. Mais la gravité de la blessure n'apparaissait point aux assistants. M. Fabries lui même ne s'en rendait pas un compte exact. Se tournant vers le professeur : « Vous ne m'en voulez pas, mon ami ? » lui dit-il. Le blessé eut à peine le geste de lui répondre d'un signe de tête et il expira. Les médecins accourus ne purent que constater le décès.
M. Paul Carrichon, qui vient de trouver la mort dans des circonstances aussi tragiques, était très connu à Paris, où son père a tenu longtemps une salle d'armes très fréquentée. Après avoir fait un stage comme brigadier prévôt aux hussards, à Meaux, il vint à Nantes, où il fut attaché au Cercle de l'Epée. Il a croisé, le fer avec nos meilleurs amateurs. Agé de vingt-huit ans, de taille très petite, il avait une main excellente. Très prompt à la parade et à la riposte il comptait parmi nos jeunes maîtres d'avenir. Il tirait fort bien aux trois armes et dans les assauts publics il obtint de nombreux et mérités succès. Le maître d'armes laisse une femme et deux tout petits enfants sans aucunes ressources.

Maître Carrichon était un Maître d’Armes d’une excellente réputation. Il avait sa salle d’Armes à Paris au 7 Cité du Retiro 8ème arrdt, près de La Madeleine. Tous les ans, il organisait une épreuve format poule à l’épée entre tous ses élèves. Et il forma de nombreux et redoutables tireurs !
Lors du Concours d’Escrime des Jeux olympiques d’Athènes en 1896, c’est l’un de ses élèves Eugène-Henri Gravelotte qui remporte le Concours de Fleuret et qui devient ainsi le 1er médaillé olympique français en escrime (Alexandre Tuffère – triple saut – étant le 1er médaillé français toutes disciplines).
Le Maître Carrichon forma aussi à partir de 1903 le grand champion Lucien Gaudin dont les escrimeurs connaisseurs de l’époque rappelaient que sa force fut vraiment incomparable lorsqu’il travailla avec le « vieux » Maître Carrichon. Lucien Gaudin, figure mythique de l’escrime, remportera les Médailles d’Or aux Jeux olympiques 1928 en fleuret et épée.
Il enseignera aussi au Lycée Carnot, Boulevard Malesherbes.
Malheureusement, alors qu’il était âgé et malade, Maître Carrichon eût la douleur de perdre son fils Paul, lui aussi maître d’armes, lors d’une leçon d’escrime qu’il donnait au Cercle de l’Epée, rue Dugommier à Nantes le 1er mars 1911, à un élève, Emilien Fabriès, 47 ans, négociant en charbon, par ailleurs fondateur du club en 1893. Paul était alors âgé de 27 ans.
Le nom de Carrichon est, pour tous les escrimeurs, inséparable de l’histoire de l’Escrime et plus particulièrement de l’enseignement de l’escrime.

 

Stéphane Gouhier

 

Maître d'Armes le la section escrime de l'ASH

 

 

 

Lorsque Armand Jean du Plessis de Richelieu, dit "le cardinal de Richelieu" fait (avec le roi Louis XIII) interdire le duel en 1626, il ne sait pas qu'il vient de provoquer la naissance de l'escrime sportive...

De duel "à outrance" (c'est à dire à mort), le duel devient un duel "au premier sang" (la première blessure), et les cibles évoluent. Là où l'on visait le coeur, il suffira dès lors de toucher à la main. L'escrime évolue, devient fine et le jeu de pointe prédominant.

Des années plus tard, l'escrime devenue sportive "officiellement", se pose la question de la matérialité de la touche.

Les documents suivants présentent une solution de "marquage" qui date de 1957. Certains qui auront été attentifs durant mes cours ne manqueront pas de remarquer que le système présenté est plus récent que le permier système "électrique"... En effet, il se présente comme une alternative au fleuret électrique que beaucoup décrient en accusant l'équipement (arme et tenue) d'être lourd, gênant et peu fiable.

 

Stéphane Gouhier

Maître d'Armes le la section escrime de l'ASH

Documents fournis par le Maitre René Geuna